Why so hyenous ?

Infos utiles

Suivez-nous

Liens

Retrouvez la hyène sur les réseaux sociaux!

 

      

La hyène, charognard et prédatrice d'idées

Tantôt prédatrice, tantôt charognard, la hyène aime glisser sa gueule dans de vieux débats en putréfaction déjà rongés par d'autres créatures tout autant que partir en chasse d'idées nouvelles et d'approches inédites.

Du sérieux, des références, une bonne dose d'auto-ironie et un soupçon de cynisme... Why so hyenous?

Peur bleue06/06/2016

Peur bleue

J'ai peur. Je ne me sens plus en sécurité dans mon pays. Je m'attends à les voir arriver à tout instant, pour m'imposer de force et dans la violence la vision du monde qui est la leur et éradiquer toute opinion qui ne va pas dans le sens de leurs principes. Cachés dans leurs cercles opaques où ils se félicitent entre initiés et fomentent leurs nouvelles actions dans le plus grand mépris de l'humain, ils représentent un mal insidieux qui gangrène notre monde et ses idées de liberté petit à petit en tâchant d'imposer des principes archaïques à coups de grenade.

Le mal progresse et il est temps de nous redresser. Il est temps de faire face et de lever le poing face à ceux qui nous volent notre état. Il est temps de renvoyer ces démons dans l'âge passé dont ils n'auraient jamais du sortir. Il est temps de mettre un terme à l'hégémonie des hommes politiques et de leurs valets en costume bleu.

J'avais souhaité ce blog orienté en premier lieu vers la question de l'éthique animale et tout ce qui en suit, mais il m'est impossible de ne pas réagir face à l'actualité. Je n'en peux plus d'entendre autour de moi "ils l'ont sans doute cherché" quand un groupe de militant se fait tabasser sur une place par les CRS qui les y ont piégés, ou de voir les médias sombrer dans une médiocrité révoltante et dangereuse en stigmatisant les mouvements sociaux par le biais facile des casseurs.

Car notre démocratie et nos droits sont bien en train de se faire éclater la gueule sous les godillots des CRS et il est plus que temps que tous les citoyens s'en rendent compte. A l'heure ou les associations de défense des droits de l'homme ou de la liberté de la presse et l'ONU ont la France dans le colimateur, continuer à nier l'évidence revient à collaborer et précipiter notre propre déchéance aux profits de ceux qui trônent déjà au sommet de notre système usé. Et ça revient aussi à cracher au visage de ceux qui ont perdu un oeil, l'usage d'un membre ou leur liberté en voulant défendre la nôtre.

Les chiens sont lâchés et ne reçoivent plus d'ordre, sinon celui d'effrayer et de créer la panique afin de meurtrir physiquement la contestation et de ruiner son image. Ceci étant dit, je laisse parler les images qui constituent notre quotidien en France en ce mois de mai 2016 mais que nous continuons à refuser de voir par confort. Tout ce que vous voyez ici n'est qu'un condensé d'une seule petite semaine. La partie émergée de l'iceberg qui sombre doucement de "démocratique" à "policier".



Saint-Malo. Intervention des forces de l'ordre... par Letelegramme

Du danger des grenades de désencercelement from Rebellyon on Vimeo.



Violences policières lors de la manifestation du 17 mai (auteurs Nathalie Loubeyre et Joël Labat) from Reporterre on Vimeo.










Pour aller plus loin, vous pouvez consulter les articles complets dont sont tirées ces illustrations frappantes (sans mauvais jeu de mot):

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/06/02/trois-collegiens-blesses-apres-une-intervention-de-la-police-a-saint-malo_4931882_3224.html

https://rebellyon.info/Le-vrai-visage-du-flashball-terroriser-en-16555

https://rebellyon.info/Un-medic-blesse-a-la-tete-par-une-grenade-16571

http://www.lesinrocks.com/2016/06/news/grenade-pourrait-cause-blessure-dun-homme-manif/

https://rsf.org/fr/actualites/france-rsf-denonce-les-violences-policieres-commises-contre-des-journalistes-en-marge-des

http://www.liberation.fr/direct/element/a-rennes-la-police-charge-sur-des-manifestants-en-voiture-plusieurs-blesses_38571/?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1464882684

http://www.lesinrocks.com/2016/06/01/actualite/a-rennes-des-artistes-t%C3%A9moignent-de-brutalit%C3%A9s-polici%C3%A8res-11833608/

https://reporterre.net/Un-CRS-a-tire-une-grenade-sur-un-realisateur-et-l-a-blesse-pour-l-empecher-de

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/06/02/loi-travail-violente-charge-policiere-a-rennes_4931724_1653578.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_term=Autofeed#link_time=1464887208

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/rennes-des-manifestants-et-des-journalistes-victimes-de-violences-policieres-1013565.html

http://www.lesinrocks.com/2016/05/29/actualite/violences-policieres-lobjectif-nest-plus-de-repousser-groupe-de-blesser-individus-11832511/

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/05/13/il-y-a-eu-une-deuxieme-charge-on-a-crie-faites-gaffe-juste-apres-j-ai-pris-un-projectile_4918650_1653578.html

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/14/violences-policieres-un-rapport-denonce-un-risque-d-impunite-des-forces-de-l-ordre_4882121_1653578.html

Tous pour le loup, surtout pour nous18/01/2016

Tous pour le loup, surtout pour nous

Il y a quelques jours, j'étais à Lyon pour participer à la manifestation contre l'abattage préventif des loups gracieusement avalisé par notre ô combien concernée ministre de l'écolocide. C'est avec un certain plaisir que j'ai vu la masse compacte qui s'était rassemblée place Bellecour... et avec un dégoût certain que j'ai écouté la plupart des discours des intervenants et entendu certains manifestants exposer leurs points de vue avant le départ du cortège. Petit condensé à chaud des pensées qui m'ont travaillé pendant la manifestation, entre des militants criant leur amour des animaux en grignotant un sandwish jambon-fromage et des associations brandissant leur logo plus fièrement que leurs idéaux.


Tu le vois bien mon logo là? T'es sûr?

Ecologie

Le premier argument avancé, et sans doute le moins méprisable parmi ceux exposés, était celui de l'écologie. Les moins éclairés ne voient dans les loups que des êtres assoiffés de sang (merci la culture populaire et RMC Découverte) toujours en quête d'une proie et qui ne laissent dans leur sillage que mort et carnage. Pourtant le loup, plus qu'un destructeur, est comme la majorité des prédateurs une espèce régulatrice essentielle garante de l'équilibre des écosystèmes: ils assurent la survie de nombreuses espèces et la cohésion des environnements. En régulant les populations de certains herbivores (notamment les ongulés dans le cas du loup), les prédateurs favorisent le maintien ou l'expansion de certains types d'environnements boisés qui peuvent prospérer et accueillir une biodiversité saine et variée (insectes, reptiles, oiseaux, mammifères). Ces environnement renforcent également en s'épanouissant les terrains grâce notamment à leurs racines qui agissent comme l'armature métallique du béton armé et limitent dans une certaine mesure l'érosion, bref, ils assurent la cohésion du paysage tout entier.

L'argument écologique est donc plus que valable et si vraiment nous devions en choisir un, ce serait celui-ci. Cependant, il reste toujours présenté de manière anthropocentrée et intéressée, faisant passer les véritables victimes du massacre en second plan. On veut sauver le loup pour sauver la forêt, la montagne et les pâturages pour que nous puissions continuer à y faire nos randonnées... mais pas pour sauver le loup lui-même.

Culture

Il a aussi été question de culture: le loup fait partie de notre patrimoine culturel. Après tout, que seraient Perrault, Lafontaine, Prokofiev et les frères Grimm sans le loup? Le loup vit dans nos contes, dans nos rêves, notre imaginaire, et il doit être protégé à ce titre, nous a-t-on dit. Car protéger le loup, c'est protéger notre culture. Sauf que c'est cette même culture qui a favorisé l'extermination du loup en le cataloguant grand méchant sans jamais lui donner une chance de s'en défendre et qui a (en partie) conduit à la situation actuelle en l'intégrant comme nuisible dans l'inconscient collectif. Pourquoi alors vouloir sauver le loup au nom de ce qui a contribué à sa perte? C'est un peu comme lutter contre le racisme pour défendre l'héritage de Banania et des pâtisseries tête-de-nègre.

Cet argument est complètement fallacieux, voire intéressé. La présence ou non du loup ne va pas influer de quelque manière que ce soit sur le patrimoine que représentent ces contes. Au mieux, cela va peut-être augmenter l'attrait touristique des lieux où le loup est présent où les touristes pourront se faire un petit frisson lors de leurs promenades en Gévaudan en se remémorant les passages de leurs contes d'enfance. Le protéger pour mieux s'en effrayer, en somme.

Une fois encore cet argument est complètement anthropocentré. On veut sauver le loup pour préserver le frisson que ses histoires nous arrachent. En gros, on réduit le loup à une évocation malsaine dans de vieux contes pour enfants d'un autre âge pour justifier sa protection. Absurde.

Tradition

Ah, la tradition et l'histoire. Ce vieil argument tellement naze qu'on se demande comment, en 2016, on peut encore l'utiliser dans des questions si cruciales. Ces gens qui veulent protéger le loup au nom de la tradition, de sa présence historique et de son retour naturel sont probablement les même qui s'opposent à la corrida en dédaignant son caractère traditionnel et historique. Ce concept même est une absurdité et la question n'est pas de savoir si une vie relève ou nom de l'histoire, relève ou nom de la tradition pour être préservée. Une fois encore, c'est un argument anthropocentré qui réduit l'animal à un à-côté de l'histoire humaine en niant son existence et son intérêt intrinsèques. Et bonjour le discours. Ceux qui militent pour une tradition quelle qu'elle soit n'ont jamais beaucoup d'argument au delà du sempiternel on a toujours fait comme ça ou ses variantes au potentiel argumentaire tout aussi incroyable.

Spiritualité

On a aussi eu droit à un petit discours qui avait vaguement trait à la spiritualité - par Paul Watson d'ailleurs, si mes souvenirs sont bons. Les loups seraient les dieux des chiens et devraient à ce titre être protégés. Peut-être parce que sinon, sans dieux, les chiens se transformeraient en zombies démoniaques prêts à nous déchirer les entrailles pour venger la disparition de leur divinité vénérée? Je n'ai même pas l'impression d'avoir besoin d'épiloguer sur cet argument. Si encore nous étions une tribu amérindienne, pourquoi pas, mais on en est bien loin.

Encore une fois, ramener le débat à des considérations bassement anthropocentrées peut certes motiver des gens à s'engager occasionnellement par goût du frisson, mais ça fait une fois encore passer les massacres en second plan. On se concentre sur nos délires spirituels, et on en oublie l'essentiel: des vies sont en jeu.

Et si on protégeait le loup... pour lui-même, en fait?

(je sais, j'ai parfois des idées complètement déplacées)

Il est toujours agréable et gratifiant de ramener les questions animales à ces raisonnements humanistes. D'autant plus que ces arguments ne nous amènent jamais à nous remettre en question nous-même ni à sortir de notre zone de confort.

L'écologie est un grand principe qui nous permet de nous donner bonne conscience en sortant nos poubelles de tri sélectif ou en changeant nos ampoules pour des basses consommations. On manifeste de temps en temps sans trop d'effort puis on rentre chez soit bien gentiment. L'écologie aujourd'hui est un concept biaisé et profondément hypocrite. Si l'objectif est louable - mieux, indispensable - sa mise en pratique est ridicule. On agite une pancarte verte d'une main, l'opinion publique nous approuve et les médias nous encensent, pour mieux nous pousser à consommer et détruire de l'autre main. De plus, contrairement à l'éthique, l'écologie est un concept tellement flou et malléable qu'on trouve toujours un moyen de l'adapter pour se l'approprier sans véritablement changer.

Ceci étant dit, maintenant qu'on s'est tous bien fait mousser et auto-congratulés en bons écologistes, le loup qui se prend une balle dans le bide et qui agonise pendant que des connards twittent une photo de son cadavre ligoté façon safari du siècle dernier, on en parle quand?

Ethique

La seule vraie question, qui devrait prendre le pas sur toutes ces question anthropocentrées suitant l'égoïsme, devrait être: pourquoi doit-on seulement faire souffrir et tuer ces individus?

Si on ne se pose jamais cette question, c'est qu'on connaît tous la réponse et qu'elle ne nous plait pas. Elle implique de mettre en parallèle les douleurs que nous infligeons à tous les animaux avec nos bénéfices personnels et de briser les barrières fictives qui séparent les animaux sauvages des animaux domestiques et de ceux qui nous consommons. Nous savons pertinemment que nos positions seraient alors complètement incohérentes et éthiquement indéfendables. Mais nous ne voulons rien changer pour ne pas sortir de notre zone de confort. Alors nous préférons éluder la question, chasser l'éthique du pied et la recouvrir par l'écologie, cette couverture bien pratique pour aborder les problèmes qui touchent nos émotions (mais non notre raison) sans prendre le risque de renoncer à aucun de nos privilèges.

Le loup ne doit pas être protégé parce qu'il aide à préserver les environnements dans lesquels on aime se promener. Le loup ne doit pas être protégé parce qu'il apparaît dans les livres de nos enfants. Le loup ne doit pas être protégé parce qu'il est beau et majestueux. Le loup ne doit pas être protégé car sa disparition entraînerait un quelconque manque pour nous.

Le loup, comme tous les autres animaux, doit être protégé et respecté car c'est un individu sensible que nous n'avons aucun droit de torturer, tuer ni exterminer pour le bénéfice (dérisoire qui plus est) de notre espèce.

Abstention à la marche29/12/2015

Abstention à la marche

Je ne suis pas allé voter pour les dernières élections régionales. D'après les médias et la pensée commune, je suis donc nécessairement un p*t**n d'irresponsable hautement coupable de la montée du Front de la haine, un mauvais patriote et un ennemi de la démocratie qu'il faudrait conduire à l'échaffaud. Mais si le véritable ennemi de la démocratie, ce n'était pas justement la situation engendrée par le fonctionnement de ce scrutin comme de tous ceux de ces dernières années et l'inertie de la pensée politique qui pousse les citoyens à perpétuer les même schémas comme des traditions sacrées sans les remettre en question?

Le vote blanc

On a en France un gros problème avec la façon dont on considère le vote blanc et l'abstentionisme - ou plutôt avec la façon dont on ne les considère pas en leur donnant tout juste l'importance d'un pet de mouche dans une tempête de sable.

Si on en croit les médias et, d'après ce que je vois autour de moi, beaucoup de citoyens, les votants blancs sont des indécis qui laissent les autres prendre les décisions à leur place et les abstentionistes des fainéants ou des irresponsables je-m-en-foutistes sans conscience politique qui ne méritent pas d'ouvrir leur gueule une fois les élections passés. Bref, une belle bande de branleurs à qui on offre sans hésitation la couronne de meilleurs boucs émissaires de l'année.

Dans le même temps, on néglige complètement (ou on occulte délibérément) les revendications que ces actions politiques sont sensé manifester en retirant purement et simplement les votes blancs, nuls et les abstentions du mode de calcul des résultats comme s'ils n'avaient aucun valeur, aucun sens politique. Permettez-moi de dire qu'il est proprement scandaleux qu'un vote blanc ne soit pas considéré comme un suffrage exprimé. Pourquoi, me demanderez-vous, alors que voter blanc est présenté comme la marque d'une indécision et par conséquent d'une acception du résultat choisi par les autres? Et bien parce que pour moi, voter blanc signifie que les partis en lice n'ont pas su convaincre, qu'aucun des dirigeants proposés ne nous représente, et qu'on exprime avec les outils disponibles le souhait de voir enfin émerger une alternative qui nous ressemble. Cette donnée devrait donc logiquement apparaître clairement dans le résultat pour nuancer la légitimité des élus. Le vote blanc devrait avoir pour valeur ceux qu'on nous propose ne nous ressemblent plus, il faudrait réfléchir à autre chose et non choisissez pour moi, je m'en fiche pas mal. Or cette information ne nous est jamais présentée malgré son importance capitale. A ce compte là, comment blâmer les gens qui ne vont pas voter quand un moyen qui devrait être prévu pour manifester un désaccord et exprimer le souhait d'un changement plus général est rendu complètement inutile? Ce procédé est à mon sens purement anti-démocratique.

De même, l'abstention n'est pas nécessairement la preuve d'un désintérêt coupable. C'est plutôt la marque d'un raz-le-bol général, d'un dégoût de l'attitude des politiques voire d'un désaveu du système de scrutin dans sa globalité. Pour beaucoup, l'abstentionisme est un acte militant chargé de sens, signifiant que cette façon de procéder ne correspond plus aux attentes et aux besoin du peuple, que l'on souhaite briser le statu quo entretenu par les urnes. Et pourquoi continuer à participer à ce qu'on considère comme une grande mascarade dénuée de sens dans laquelle on sait qu'on ne sera jamais représenté?

Si on analyse les résultats d'un point de vue plus large, en fin de compte, le vrai résultat de ces élection, c'est que la majorité des français a voté pour une réforme du système actuel et a rejeté de manière explicite les élus qui pourtant fêtent une victoire fictive.

La loi du moins pire nous conduira au pire

Cela fait déjà des années que les élections nous cantonnent à choisir pour le moins pire. Avec cette attitude, on se tire une balle dans le pieds et on attire les mouches qui viennent pondre leurs idées moyen-âgeuse dans la plaie infectée. En choisissant de voter contre le FN (et donc en faveur d'autres partis que pourtant on n'aurait pas envie de voir élus si on avait de vraies alternatives) dans le simple objectif de bloquer l'accès aux responsabilités de ce parti, on maintient au pouvoir des gens médiocres en leur donnant une légitimité électorale. On vote pour des crétins pour bloquer des débiles. Car les élus actuels  ne doivent finalement leur salut qu'à la présence de la famille Le Pen, à l'absence d'alternative crédible et à l'immobilisme du système électoral. Mais qu'est-ce que cela engendre? Comme ils sont élus démocratiquement, il se pensent légitimes et, sans se poser de questions, font perdurer leurs méthodes qui exaspèrent les français, qu'il s'agisse de la droite comme de la gauche d'ailleurs. Oh, ils nous sortent bien de beaux discours à la sauce je vous ai compris, mais dans les faits, il restructurent leur parti d'un point de vue formel pour faire bonne figure, changent de nom, et nous ressortent la même bouillie dont ils nous gavent jusqu'à écoeurement depuis des années, tentant d'étouffer tant bien que mal les scandales à répétition.

La conséquence de cette loi du moins pire? Excessivement simple. Aux élections suivantes, les gens, exaspérés par leurs responsables qu'ils n'ont pas véritablement choisis et devant l'impossibilité d'exprimer leur mécontentement à travers le système électoral, finissent par voter pour les extrêmes par dépit ou se détournent purement et simplement de l'illusion de choix fournie par les élections. Le FN passe de nouveau au second tour, tout le monde crie au sursaut républicain, on vote de nouveau par défaut, les mêmes guignols se retrouvent au pouvoir, et c'est reparti pour un tour de ce risible manège qui, élection après élection, gangrène la démocratie.

Finalement, la meilleure chose qui pourrait arriver serait peut-être l'arrivée du FN au pouvoir. Des actions de contestation s'élèveraient un peu partout en France, l'état, bien content de pouvoir utiliser toutes les forces armées comme sa propre milice s'en donnerait à coeur joie, les mesures gouvernementales ne manqueraient pas d'attiser les tensions et un superbe chaos s'élèverait de ce climat de haine. Beaucoup de choses voleraient en éclat dans la douleur, mais peut-être que des cendres pourraient émerger quelque chose de nouveau et de plus bénéfique, et débloquer ainsi la situation?

Pour prévenir la gangrène, il faut amputer

En maintenant ce cycle stupide, on élimine donc toute chance de voir de nouvelles alternatives apparaître. Les élections sont écrites à l'avance: on continuera à être déçus par le parti qu'on aura mis au pouvoir par défaut, jusqu'au jour où le FN y accèdera du fait d'une accumulation inévitable de frustrations. Voter n'a finalement plus de sens dans la situation actuelle, complètement bloquée. Le vote ne veut plus rien dire car on n'a plus rien de satisfaisant à nous proposer et le scrutin ne nous permet d'exprimer le souhait de choses nouvelles ou de proposer nos idées. Les citoyens changent, leurs besoins aussi, mais les politiques restent les même par la faute d'un système électoral biaisé élevé au rang de devoir sacré et jamais remis en question bien qu'il soit au coeur du problème.

Il est nécessaire de voir les choses bouger. Le mode de scrutin, voire notre système démocratique dans son ensemble, doit être revu pour véritablement prendre en considération la voie des électeurs. On pourrait aussi envisager que les politiques se remettent en question pour redonner du sens aux élections, mais pour ça, je ne me fais aucune illusion tant cette classe égoïste est (d'une manière générale) uniforme et animée d'une inertie dont elle semble ne jamais pouvoir se départir.

La démocratie, c'est la souveraineté du peuple. Avec la politique actuelle, le peuple est forcé de choisir entre des options qui ne lui ressemblent pas mais qui, entre elles, se ressemblent finalement toutes. Le peuple n'est donc plus souverain. Il est forcé de légitimer ce qu'on veut bien lui proposer en lui donnant l'illusion de s'exprimer par les élections. Nous avons donc plus que jamais besoin d'une démocratie plus directe, où nos idées puissent s'exprimer de manière efficace sans être rendues inaudibles tel qu'actuellement par la combinaison d'un mode de scrutin lui-même partial et d'un panel d'options uniforme et dépassé. Le sursaut ne viendra pas de types hypocrites en costard qui s'écharpent régulièrement autour d'une table de débats pour savoir comment l'un va pouvoir défaire l'autre ou qui est le plus responsable de la montée de la haine. Le sursaut viendra de nous autres citoyens. J'avoue ne pas exactement savoir comment, j'avoue ne pas savoir quelle sera la conclusion de tout ça, mais j'ai l'intime conviction que le système actuel est voué à l'échec et que l'avenir ne pourra venir que de nous autres via un système véritablement participatif - et qu'il ne sortira pas des urnes.

Nota benêt: cet article n'est que l'expression d'un ressenti (cependant bien réfléchi) sur la situation actuelle. Pour des arguments plus structurés et argumentés, je vous redirige notamment sur les deux vidéos suivantes qui proposent un éclairage plus complet sur le problème. Je remercie au passage certains de mes contacts FB par lesquels j'ai pu prendre connaissance de ces documents.

Pour aller plus loin:

- Vidéo "Je ne vote pas, pourquoi?" de la chaîne DOXA

- Documentaire "J'ai pas voté"

Du sang sous le sapin12/12/2015

Du sang sous le sapin

Les fêtes arrivent à grand pas, familles et amis vont se réunir et festoyer gaiement dans la joie et la bonne humeur. Un moment de bonheur et de bien-être universel. Ou presque. Car pour que certains se régalent dans l'opulence, d'autres paient de leur vie le coût de notre bonheur. Si le rouge est la couleur de Noël, il représente sans doute le sang des millions d'animaux torturés pour la satisfaction de nos papilles et sacrifiés au nom de la tradition, pour célébrer l'avènement du fils d'un dieu né pour apporter humilité et miséricorde au monde. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a sacrément foiré son coup.

Tous ensemble... mais pas trop

Je suis conscient qu'une grande majorité de personnes seraient choquées par mes propos. Et pourtant, lorsqu'on a suffisamment ouvert son esprit pour admettre dans toute l'ampleur de sa réalité ce que l'on sait déjà, l'évidence crève les yeux. Célébrer les valeurs festives et altruistes de Noël autour de produits issus de la mort et de la souffrance d'individus sentients a quelque chose d'objectivement malsain, déplacé, obscène. L'emploi de ce mot pourrait paraître exagéré, mais je l'assume entièrement.

Paradoxalement, c'est un discours que j'ai de manière bien plus modérée quand je suis en famille, car je sais que je serai toujours l'exclu idéologique autour de la table. Oh, on respecte ma philosophie, il n'y aucun problème là-dessus et j'en suis très reconnaissant envers mes proches. J'ai droit à mes petits plats personnalisés et je m'en délecte avec plaisir. Cependant, cette attention rentre dans le cadre de l'amour familial mais n'a que peu de considération éthique. Ils le font pour moi, pour ne pas m'exclure physiquement de la tablée. Mais dans l'esprit, je reste en marge et je tente de ne pas trop grimacer face à ce qui apparait pour moi comme une mise en scène macabre. C'est ce qui est finalement terrible pour nous autres dans un monde non-vegan: que ce qui est décrit comme nos choix soit respecté pour nous-même n'est finalement qu'une bien triste consolation, voire un aveu d'échec quand nos proches nous disent parfaitement comprendre notre point de vue tout en se préparant une tartine de foie gras ou d'oeufs de poisson.

Mais il ne s'agit pas de nos choix. Il ne s'agit pas de plaider pour que nous ayons nous un plat qui convienne à notre philosophie. Nous plaidons pour stopper le massacre et l'exploitation des animaux, pas pour nous trouver une petite place tranquille dans la société actuelle. Alors j'aimerais dire à tous ceux qui vont passer Noël ou le réveillon avec une personne végane: ne réfléchissez pas à ce que vous pourriez lui faire à manger à la place de. On s'en balance. Réfléchissez plutôt à pourquoi cette personne a pris cette voie. Ne réfléchissez pas à propos d'elle, de votre relation avec cette personne, réfléchissez à propos de vous-même, de ce que vous consommez et de ce que ça implique.

Reconsidérez la question sous un angle différent. La conséquence sous-jacente au véganisme ne doit pas être une conséquence d'exclusion, mais une idée de rassemblement. Tout le monde peut manger vegan. Que l'on suit juif, musulman, chrétien, végétarien, tout le monde partage la même assiette. Tout le monde en tire les bénéfices, les convives comme les individus dont la vie a été épargnée. N'est-ce pas là le véritable sens de Noël? Le rassemblement, le respect de tous dans ce qu'il y a de plus fondamental et la célébration de la vie?

Si vous en doutez encore, ou si vous pensez que tout ça est exagéré, alors soyez honnête avec vous-même et rafraîchissez-vous la mémoire avec ces quelques liens.

- Le foix gras, côté coulisses

- Les oeufs de caille, un petit plus très cher payé

- Noël en images, pour tout savoir

Sacré Noël

On n'a d'autre justification pour expliquer la présence de ces produits sur la table du réveillon que la tradition et le plaisir personnel qu'ils nous procurent. Les mêmes arguments qui sont, par ailleurs, avancés par les aficionados pour la corrida. Prendre du plaisir en assistant à la mise à mort sanglante d'un taureau ou en goûtant le foie d'un animal torturé par procuration n'a finalement que peu de différence - sinon que le sadisme (descriptif du fait de prendre du plaisir à voir ou infliger la souffrance) n'est pas présent dans la dégustation du foie gras où l'on se cache derrière la distance qui nous sépare de l'acte de cruauté. Dans les deux cas, les gens savent ce qu'implique leur pratique ou leur consommation. Et dans les deux cas, les gens pourraient s'arrêter sans conséquence aucune. Mais dans les deux cas, on refuse de changer et on préfère se mentir en se convainquant d'arguments falacieux (mon foie gras est fait maison et vient d'un élevage bio, par exemple) pour ne pas quitter notre zone de confort.

Il est d'ailleurs tout à fait étonnant de voir des amateurs de foie gras s'offusquer de la corrida ou crier au scandale quant à la chasse baleinière ou les massacres de dauphins. Quelle différence? La souffrance est sans doute plus longue et terrible pour le foie gras. Mais notre propre position et notre aveuglement face à ce qui nous touche directement nous pousse à cacher ce qui est juste devant nous poour condamner ce que font les autres plus loin. Mais nous devons accepter la réalité telle qu'elle est et l'assumer en prenant les décisions qui s'imposent naturellement.

Bouffe et joie de vivre

Au début de mon investissement pour la cause animale, j'avais tendance à dire que le plus important à Noël, c'est l'esprit de fête, le fait de se retrouver et de passer un bon moment ensemble, en faisant passer la nourriture au second plan pour dédramatiser l'absence de foie gras, de dinde aux marrons et autres produits d'origine animale. Aujourd'hui, je changerai un peu mon discours. Certes, l'important reste toujours, je pense, la communion et l'esprit de fête, mais bordel, y a de quoi se remplir la paillasse avec des dizaines de recettes qui déchirent le bide! Alors pourquoi ne pas sortir de nos traditions sanglantes et se tourner vers des repas festifs, chaleureux et synonymes de joie de vivre pour vraiment tout le monde? Les recettes ne manquent pas! En voici quelques-une déjà testées pour se lancer:

- Du bon faux-gras, garanti sans stéatose épathique (testé et approuvé l'an dernier)

- Des oeufs de poisson avec la même texture dégueulasse et la même saveur iodée que les vrais! (testé aussi)

- Un roti de dinde qui déboîte des chaumières (testé et sur-approuvé l'an dernier)

Et beaucoup d'autres sur le blog Antigone XXI ou sur 100% Végétal par exemple. Ou tout simplement en tapant n'importe quelle nom de plat suivi du mot vegan dans google!

Alors cette année, sortons de nos traditions un peu archaïques et agissons!

Avec un repas vegan, il n'y a que des gagnants!

Du buzz à la réalité31/07/2015

Du buzz à la réalité

Sur internet, le buzz se répand plus vite que l'éclair et nous sommes tous prompts à partager, commenter et liker de nombreux contenus à forte teneur dramatique et engagée. Car cliquer, c'est participer. Enfin, il parait.

Partie 1 - Une chasseuse sachant chasser

Call of Duty : Antipoaching Female Edition

Il y a quelques mois, défenseurs de la cause animal et chasseurs de buzz s'enflammaient de concert face à un déferlement d'articles et d'images présentant une jeune femme en treillis, lourdement armée, les bras tatoués et le visage en partie caché par un masque représentant un crâne. Le cosplay réussi d'un personnage de jeu vidéo? Non. Kinessa Johnson est un vétéran de l'armée américaine intégrée au programme VETPAW, qui propose aux anciens combattants d'assister les rangers africains dans leur lutte contre le braconnage.

Les journalistes ont vite saisi le potentiel d'une telle imagerie et se sont empressés de relayer l'information en utilisant à chaque fois un intitulé quasi-identique: La chasseuse de braconnier. Naturellement, partage après partage, les commentaires ont fusé sur les réseaux sociaux, alternant entre deux tendances principales: ceux qui s'extasiaient devant le look de la militaire, et ceux qui souhaitaient des morts plus ou moins virulentes pour les braconniers.

La loi tu talion pour ces êtres innombrables.
Sang pour sang.

Proteger les animaux, mais tuer les êtres humains.

Mieux vaut un braconnier mort que vivant....

Bref, à traitement primitif de l'information, réactions primitives. Car très rarement sur toute la couverture médiatique qui a recouvert cette anecdote il n'a été question de la problématique réelle du braconnage. Ne nous voilons pas la face: si Kinessa a fait parler d'elle, ce n'est pas pour son combat. C'est parce qu'elle est l'incarnation parfaite d'un fantasme récupérable par tous.

Les féministes y voient une femme forte et engagée loin des clichés habituels, les beaufs se tripottent sur l'idée de la femme guerrière, les fans de Call of Duty adorent son équipement, les pro-militaristes applaudissent l'intervention armée et cette seconde chance offerte aux vétérans et les animalistes du dimanche crachent leur fiel en imaginant les braconniers succomber sous les balles.

VETPAW

Aucun de ces traitements ne saurait pourtant me satisfaire. Avant de se lancer dans une quelconque interprétation, il faudrait d'ailleur se poser les bonnes questions, auxquelles peu d'articles ont cherché à répondre. Le programme VETPAW, c'est quoi?

Si on en réfère à leur site web, leur mission est axée autour de plusieurs axes:

- Offrir aux vétérans de l'armée américaine un emploi stable
- Permettre aux vétérans souffrant de troubles de stress post-traumatique de se reconstruire
- Accompagner les rangers africains dans leur mission (entraînement, formation, participation aux patrouilles)
- Prévenir le braconnage en aidant au développement de l'agriculture et de l'élevage dans certaines régions

En bref, rien à voir avec l'aperçu que nous a donné le buzz, celle d'une milice féminine occidentale costumée allant chasser du braconnier à l'arme automatique. Le site affirme même que la section HEALS du programme prévoit de réhabiliter certaines personnes ayant participé à des activités de braconnage en les impliquant dans le développement des activités agricoles.

Naturellement, les rageux du dimanche et les haineux du clavier s'empresseront de dire que la place d'un braconnier est six pieds sous terre et non dans une ferme. Ce qui démontre une fois de plus leur incompréhension de la question. Certes, les activités de braconnage sont orchestrées par des groupes mafieux sans scrupules, mais comme chaque activité de ce type, les tâches ingrates et dangereuses sont parfois confiées à de pauvres individus qui agissent par nécessité et non par aspiration. Je ne prétends pas que les braconniers sont des anges. Mais amalgamer tous les échelons du système est une grossière erreur qui conduit à des raccourcis dangereux.

Pour résumer, la véritable mission de VETPAW, du moins telle qu'affichée, n'a rien à voir avec ce qui a fait la force du buzz. Certes, on pourrait débattre longuement de l'ingérence d'un groupe sponsorisé par bon nombre de société spécialisées dans l'équipement militaire et para-militaire dans les affaires africaines, et les plus conspirationnistes pourraient y voir une manoeuvre opérée par la NRA et l'US Army, toujours est-il que les objectifs affichés de l'organisation semblent cohérents avec la façon dont la lutte contre le braconnage est effectivement gérée - et il ne s'agit pas simplement d'arriver avec de grosses bottes et de gros flingues.

Power Rangers

Les véritables héros de la lutte contre le braconnage, dont on parle peu mais qui en font le plus, ce sont les Rangers africains. J'ai eu l'occasion d'en rencontrer lors de mes deux passages en Afrique (Zambie et Namibie), dans deux contextes différents. Loin d'être animés par des pulsions militaristes, ces hommes et femmes sont de véritables puits de science quant à la faune et la flore africaine. Ils sont capable de comprendre la nature comme personne et d'anticiper les mouvements et les réactions des animaux.

Si la connaissance de leur environnement et de leur ennemi leur fait rarement défaut, ce qu'il pourrait effectivement leur manquer, ce sont les moyens et les méthodes pour lutter, mais surtout se défendre, contre des milices de plus en plus agressives et mieux équipées. Car les braconniers manipulent la mitrailleuse lourde et les explosifs, et les utilisent aussi bien contre leurs victimes animales que contre ceux qui les défendent. Les rangers exercent un métier parmi les plus dangereux et nombreux sont ceux qui y trouvent la mort.

C'est là que peuvent trouver leur utilité des organisations comme VETPAW ou même l'intervention de forces armées régulières. Non pas dans le but de tuer les braconniers (de partir en chasse, comme l'indiquent en grosse lettres les journalistes en mal de sensation), mais de défendre les rangers en les formant et les équipant.

Partie 2 - Cecil et les autres

Un nom pour une âme

Autre buzz qui a agité les méandres de l'internet (dés)engagé, l'odieux meurtre du lion Cecil. Ou comment passer du statut d'illustre inconnu à celui de martyr soutenu par des millions de personnes bien promptes à réagir.

Le monde se serait-il agité de la sorte si le lion avait eu un identifiant du type LM-045, comme sont parfois identifiés les individus dans le cadre de recherches scientifiques? J'en doute. Mais ce lion là avait un nom, et avec ce nom, une âme. Car une victime anonyme n'est qu'un dommage collatéral. Mais un individu avec un nom, c'est presque un ami. On le connaît, on est présentés, on est affectés par ce qui lui arrive et l'émotion prend le pas sur la raison. C'est exactement ce qui est arrivé avec cette affaire.

En titrant Cecil le lion a été tué, les articles ont brisé la distance nécessaire à la bonne interprétation de l'information. Puisque ce lion est nommé, c'est qu'on doit le connaître. Si on doit le connaître, c'est qu'on doit être touché par son sort. Et donc, c'est qu'on doit partager la nouvelle comme s'il s'agissait de la mort d'un ami. Et réagir en conséquence, viscéralement, sans véritablement se poser de questions.

Bien sûr, la mort de ce lion reste un acte effrayant, mais davantage par son contexte que par l'identité de la victime. Quel que soit son nom et sa renommée, cet animal a été attiré hors d'une réserve protégée, blessé par une flèche par un riche chasseur de trophée occidental, puis achevé deux jours plus tard, en dépit du collier GPS qui l'identifiait clairement comme une cible illégale, et laissant incertain l'avenir de ses 6 lionceaux.

Et c'est cet ensemble de faits qui doit être retenu et creusé, davantage que l'identité de la victime et du chasseur.

Je suis Cecil

Ce fait divers aura au moins eu l'intérêt d'attirer l'attention sur la chasse aux trophées en Afrique et d'éveiller certaines consciences. Des compagnies aériennes auraient interdit le transport de trophées de chasse sur leurs vols, le Botswana aurait purement et simplement interdit la chasse aux trophées sur son territoire, entre autres initiatives. Jane Goodall voit d'ailleurs dans cette prise de conscience collective une lueur d'espoir, même si je ne partage que partiellement cet optimisme. Pour moi, ces buzz là ont tendance à vite retomber au profit du prochain Ice Bucket Challenge ou autre moyen de laver sa conscience sans trop d'efforts. Il est plus simple de se donner l'impression d'aider une cause en cliquant qu'en s'investissant vraiment.

Je suis Cecil, les cochons sont Cecil, le papier-peint est Cecil

Je ne peux aussi m'empêcher de relever une certaine hypocrisie dans cet élan de compassion, constatant qu'on pleure à chaude l'arme devant la mort barbare d'un individu majestueux, mais qu'on refuse toujours de voir avec autant de conviction aveugle le massacre des milliards d'animaux anonymes que nous consommons. Pourtant, malgré la tentation, je ne veux pas franchir le cap de la récupération à propos de cette affaire. Parce que ça n'a pas grand chose à voir.

Le cas de la chasse et du braconnage en Afrique et celui des animaux d'élevage et de la consommation de viande sont deux problématiques bien distinctes et récupérer le cas de Cecil pour remettre sur le tapis les principes du véganisme me semble finalement contre-productif, voire dangereux. La chasse aux trophées comme le braconnage dépassent le simple cadre de la souffrance animale et traitent de problématiques bien plus complexes, telles que la survie d'espèces, l'équilibre d'écosystèmes, les problèmes sociaux et économiques des pays concernés, etc. La souffrance animale n'est ici qu'une partie d'une équation bien plus complexe que les habituelles réflexions pro-végane. Certes, un animal est mort. Mais au delà de ce simple fait, tout est différent.

Buzzons, cliquons, mais surtout pensons

Les buzz sont ce qu'ils sont: une information choc présentée de manière déformée de manière à récupérer le plus de clics, donc d'audience, donc d'argent. Ne nous voilons pas la face.

Cependant, tout n'est pas mauvais, si on prend la peine de creuser un peu. Certains articles proposent d'approfondir grâce à diverses ressources et il est important de voir plus loin que ce qu'on nous présente pour bien comprendre les situations.

Je n'ai rien contre Kinessa Johnson qui n'est d'ailleurs sans doute pas à l'origine du traitement qui a été fait de son image, ni contre la mission affichée de l'association VETPAW, ni contre le tollé - fondamentalement légitime - suscité par la mort de Cecil. Je m'insurge cependant contre le traitement biaisé qui a été fait de ces informations et les réactions, de fait, rapides et à côté de la plaque qu'elles ont suscité.

Ne cédons pas à la facilité en souhaitant la mort des braconniers sous les balles de Kinessa ou en priant pour que le dentiste Palmer se fasse tabasser à mort. Posons-nous plutôt les vraies questions, réfléchissons à notre propre situation par rapport à ces informations, et sachons démêler l'information factuelle du sensationnel. Parlons des vrais rangers, qui risquent leur vie chaque jour pour défendre la faune, avec ou sans Kinessa. Parlons du braconnage, véritable fléau planétaire, ou des fermes d'élevage de lions destinés à la chasse.

Pour aller plus loin

- VETPAW : Le site officiel de l'organisation

- Unsung Heroes : Un bon article sur la condition des rangers et le braconnage (EN)

- Virunga : Un documentaire sur les rangers du parc Virunga au Congo

Plus d'articles >>