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Tous pour le loup, surtout pour nous18/01/2016

Il y a quelques jours, j'étais à Lyon pour participer à la manifestation contre l'abattage préventif des loups gracieusement avalisé par notre ô combien concernée ministre de l'écolocide. C'est avec un certain plaisir que j'ai vu la masse compacte qui s'était rassemblée place Bellecour... et avec un dégoût certain que j'ai écouté la plupart des discours des intervenants et entendu certains manifestants exposer leurs points de vue avant le départ du cortège. Petit condensé à chaud des pensées qui m'ont travaillé pendant la manifestation, entre des militants criant leur amour des animaux en grignotant un sandwish jambon-fromage et des associations brandissant leur logo plus fièrement que leurs idéaux.


Tu le vois bien mon logo là? T'es sûr?

Ecologie

Le premier argument avancé, et sans doute le moins méprisable parmi ceux exposés, était celui de l'écologie. Les moins éclairés ne voient dans les loups que des êtres assoiffés de sang (merci la culture populaire et RMC Découverte) toujours en quête d'une proie et qui ne laissent dans leur sillage que mort et carnage. Pourtant le loup, plus qu'un destructeur, est comme la majorité des prédateurs une espèce régulatrice essentielle garante de l'équilibre des écosystèmes: ils assurent la survie de nombreuses espèces et la cohésion des environnements. En régulant les populations de certains herbivores (notamment les ongulés dans le cas du loup), les prédateurs favorisent le maintien ou l'expansion de certains types d'environnements boisés qui peuvent prospérer et accueillir une biodiversité saine et variée (insectes, reptiles, oiseaux, mammifères). Ces environnement renforcent également en s'épanouissant les terrains grâce notamment à leurs racines qui agissent comme l'armature métallique du béton armé et limitent dans une certaine mesure l'érosion, bref, ils assurent la cohésion du paysage tout entier.

L'argument écologique est donc plus que valable et si vraiment nous devions en choisir un, ce serait celui-ci. Cependant, il reste toujours présenté de manière anthropocentrée et intéressée, faisant passer les véritables victimes du massacre en second plan. On veut sauver le loup pour sauver la forêt, la montagne et les pâturages pour que nous puissions continuer à y faire nos randonnées... mais pas pour sauver le loup lui-même.

Culture

Il a aussi été question de culture: le loup fait partie de notre patrimoine culturel. Après tout, que seraient Perrault, Lafontaine, Prokofiev et les frères Grimm sans le loup? Le loup vit dans nos contes, dans nos rêves, notre imaginaire, et il doit être protégé à ce titre, nous a-t-on dit. Car protéger le loup, c'est protéger notre culture. Sauf que c'est cette même culture qui a favorisé l'extermination du loup en le cataloguant grand méchant sans jamais lui donner une chance de s'en défendre et qui a (en partie) conduit à la situation actuelle en l'intégrant comme nuisible dans l'inconscient collectif. Pourquoi alors vouloir sauver le loup au nom de ce qui a contribué à sa perte? C'est un peu comme lutter contre le racisme pour défendre l'héritage de Banania et des pâtisseries tête-de-nègre.

Cet argument est complètement fallacieux, voire intéressé. La présence ou non du loup ne va pas influer de quelque manière que ce soit sur le patrimoine que représentent ces contes. Au mieux, cela va peut-être augmenter l'attrait touristique des lieux où le loup est présent où les touristes pourront se faire un petit frisson lors de leurs promenades en Gévaudan en se remémorant les passages de leurs contes d'enfance. Le protéger pour mieux s'en effrayer, en somme.

Une fois encore cet argument est complètement anthropocentré. On veut sauver le loup pour préserver le frisson que ses histoires nous arrachent. En gros, on réduit le loup à une évocation malsaine dans de vieux contes pour enfants d'un autre âge pour justifier sa protection. Absurde.

Tradition

Ah, la tradition et l'histoire. Ce vieil argument tellement naze qu'on se demande comment, en 2016, on peut encore l'utiliser dans des questions si cruciales. Ces gens qui veulent protéger le loup au nom de la tradition, de sa présence historique et de son retour naturel sont probablement les même qui s'opposent à la corrida en dédaignant son caractère traditionnel et historique. Ce concept même est une absurdité et la question n'est pas de savoir si une vie relève ou nom de l'histoire, relève ou nom de la tradition pour être préservée. Une fois encore, c'est un argument anthropocentré qui réduit l'animal à un à-côté de l'histoire humaine en niant son existence et son intérêt intrinsèques. Et bonjour le discours. Ceux qui militent pour une tradition quelle qu'elle soit n'ont jamais beaucoup d'argument au delà du sempiternel on a toujours fait comme ça ou ses variantes au potentiel argumentaire tout aussi incroyable.

Spiritualité

On a aussi eu droit à un petit discours qui avait vaguement trait à la spiritualité - par Paul Watson d'ailleurs, si mes souvenirs sont bons. Les loups seraient les dieux des chiens et devraient à ce titre être protégés. Peut-être parce que sinon, sans dieux, les chiens se transformeraient en zombies démoniaques prêts à nous déchirer les entrailles pour venger la disparition de leur divinité vénérée? Je n'ai même pas l'impression d'avoir besoin d'épiloguer sur cet argument. Si encore nous étions une tribu amérindienne, pourquoi pas, mais on en est bien loin.

Encore une fois, ramener le débat à des considérations bassement anthropocentrées peut certes motiver des gens à s'engager occasionnellement par goût du frisson, mais ça fait une fois encore passer les massacres en second plan. On se concentre sur nos délires spirituels, et on en oublie l'essentiel: des vies sont en jeu.

Et si on protégeait le loup... pour lui-même, en fait?

(je sais, j'ai parfois des idées complètement déplacées)

Il est toujours agréable et gratifiant de ramener les questions animales à ces raisonnements humanistes. D'autant plus que ces arguments ne nous amènent jamais à nous remettre en question nous-même ni à sortir de notre zone de confort.

L'écologie est un grand principe qui nous permet de nous donner bonne conscience en sortant nos poubelles de tri sélectif ou en changeant nos ampoules pour des basses consommations. On manifeste de temps en temps sans trop d'effort puis on rentre chez soit bien gentiment. L'écologie aujourd'hui est un concept biaisé et profondément hypocrite. Si l'objectif est louable - mieux, indispensable - sa mise en pratique est ridicule. On agite une pancarte verte d'une main, l'opinion publique nous approuve et les médias nous encensent, pour mieux nous pousser à consommer et détruire de l'autre main. De plus, contrairement à l'éthique, l'écologie est un concept tellement flou et malléable qu'on trouve toujours un moyen de l'adapter pour se l'approprier sans véritablement changer.

Ceci étant dit, maintenant qu'on s'est tous bien fait mousser et auto-congratulés en bons écologistes, le loup qui se prend une balle dans le bide et qui agonise pendant que des connards twittent une photo de son cadavre ligoté façon safari du siècle dernier, on en parle quand?

Ethique

La seule vraie question, qui devrait prendre le pas sur toutes ces question anthropocentrées suitant l'égoïsme, devrait être: pourquoi doit-on seulement faire souffrir et tuer ces individus?

Si on ne se pose jamais cette question, c'est qu'on connaît tous la réponse et qu'elle ne nous plait pas. Elle implique de mettre en parallèle les douleurs que nous infligeons à tous les animaux avec nos bénéfices personnels et de briser les barrières fictives qui séparent les animaux sauvages des animaux domestiques et de ceux qui nous consommons. Nous savons pertinemment que nos positions seraient alors complètement incohérentes et éthiquement indéfendables. Mais nous ne voulons rien changer pour ne pas sortir de notre zone de confort. Alors nous préférons éluder la question, chasser l'éthique du pied et la recouvrir par l'écologie, cette couverture bien pratique pour aborder les problèmes qui touchent nos émotions (mais non notre raison) sans prendre le risque de renoncer à aucun de nos privilèges.

Le loup ne doit pas être protégé parce qu'il aide à préserver les environnements dans lesquels on aime se promener. Le loup ne doit pas être protégé parce qu'il apparaît dans les livres de nos enfants. Le loup ne doit pas être protégé parce qu'il est beau et majestueux. Le loup ne doit pas être protégé car sa disparition entraînerait un quelconque manque pour nous.

Le loup, comme tous les autres animaux, doit être protégé et respecté car c'est un individu sensible que nous n'avons aucun droit de torturer, tuer ni exterminer pour le bénéfice (dérisoire qui plus est) de notre espèce.

Dieu, Satan et moi - Partie 125/05/2015

Le Hellfest approche et, comme chaque année depuis 10 ans, des dizaines de milliers d'individus alcoolisés et parés de noir vont s'assoir en rond autour d'un grand brasier dans le vignoble Clissonais pour égorger des blancs de poulets en barquette et incendier des crucifix. A l'occasion de cet immonde rassemblement archaïque tout droit sorti d'un autre âge, une divine inspiration me pousse à écrire quelques lignes au sujet de la nouvelle Trinité: Dieu, Satan et moi.

Note: devant l'aspect tentaculaire du sujet que j'essaie de traiter, je vais diviser ma réflexion en deux parties. Ce premier article donne un aperçu de mes idées et quelques connaissances sur la notion de satanisme dans la musique metal, la prochaine traitera plus précisément de la religion en elle-même.

Partie 1 - Le mal est partout

Les racines du mal

Printemps 2006, dans un lycée Bourguignon. En sortant des toilettes, un petit papier bleu plié au coin d'un cabine attire mon attention: un billet de 20€ probablement échappé de la poche d'un autre étudiant trop concerné par le travail de ses intestins pour s'en rendre compte. Personne aux alentours? Je me baisse discrètement et l'empoche, le doux frisson du méfait accompli parcourant mon échine. Le passage aux urinoirs le plus rentable de toute mon existence. Sans doute un coup de la providence? Pas si sûr...

Quelques heures plus tard, chez un disquaire. Une pochette violacée présentant un loup-garou détruisant une tombe, à l'avant-plan du paysage dramatique d'un cimetière ravagé sous le clair de lune. Garwall, du back/death metal français. Je n'y connais pas encore grand chose, mais le visuel attire mon attention. J'aime les loups garou et je commence à passer un cap dans le metal extrême. Ce billet providentiel sera donc mon ticket d'accès pour une nouvelle dimension encore plus sombre et violente. Je passe à la caisse. Le soir venu, je glisse le disque dans mon baladeur CD, j'ajuste mes écouteurs, je presse le bouton, et... le morceau Pride me hurle sa rage et sa détermination dans les oreilles, sur fond de riffs dévastateurs avec une mélodie épique sans pareil. Un petit rictus sur les lèvres, je savoure ce moment, sentant l'adrénaline monter en moi, pensant avec philosophie: putain, c'est violent, mais qu'est-ce que ça défonce!

Je ne comprends pas grand chose aux paroles à la première écoute et j'ouvre le livret. Une belle histoire de bataille, de guerriers valeureux qui se battent pour l'honneur de leur clan, unis et prêts à mourir pour défendre leur terres et leurs idées. De bien belles valeurs qui me portent. De plus, j'ai l'impression de vivre une bataille musicale épique, l'équivalent de l'attaque de Minas Tirith dans le Seigneur des Anneaux, mais en version musicale. Puis je remarque cette strophe, éloquente:

Ils sont légions autour de nous.
Zombies aux ordres de Dieu.
Mais alors que le règne divin s'achève.
Bientôt ils seront tous morts, nous vaincrons.

Au fond de la forme

Famille de France, Christine Boutin et autres prophètes de la bienpensance s'en frottent les mains, brandissent des extraits sortis de leur contexte et portent bien haut leurs étendards de la Sainte Croisade, hurlant au blasphème, à l'incitation à la haine et au meurtre. On parle de textes délétères à l'influence néfaste, de fans décérébrés et faibles embrigadés par des idéologies extrémistes et enclins à assassiner prêtres et bonnes soeurs et brûler églises et cathédrales. Tout ça sans qu'aucun incident n'aie jamais terni l'image du Hellfest durant 10 années de programmation ni qu'aucun crime anti-chrétien perpétré par un jeune manipulé par le metal n'ait été reporté.

Je pense que ces gens là n'ont pas saisi l'essence de cette musique. Pour moi, je trouve dans des textes comme Pride un coup de boost, un sentiment guerrier qui me pousse au cul et me fait aller de l'avant. Non pas pour aller tabasser un vieux curé à la sortie de la messe, mais pour tenir bon dans mes projets et mes idées face à l'adversité et aux critiques. Et c'est ce que bon nombre de fans trouvent dans cette musique: une motivation, un soutien sans faille, l'assurance que même si on se sent en marge, nos idées et nos valeurs n'en sont pas moins dignes. Les témoignages de fan dans le documentaire Metal: voyage au coeur de la bête sont d'ailleurs assez éloquent à ce sujet.

Satan m'habite

Vous pensez que j'essaie de noyer le poisson? Ou que je suis niais au point de ne pas avoir cherché plus loin que cette histoire de bataille valeureuse? Que non point, mes bons amis, je ne pas oublié ce petit passage blasphématoire qui a forcément retenu votre attention.

Les attaques à la religion sont légion dans la musique Metal, et parfois illustrées de manière violente. Pourtant, dans beaucoup de cas ce n'est pas qu'une attaque gratuite et sans fondement, mais plutôt une volonté de dénoncer. Dans une interview accordée à l'occasion du documentaire Metal: voyage au coeur de la bête, Kerry King (gratteux de Slayer) explique la présence de thématiques anti-chrétiennes dans les chansons du groupe par sa vision personnelle de la religion: il s'agit pour lui du plus grand lavage de cerveau jamais toléré en Amérique. Et c'est finalement, à mon avis, ce que dénoncent beaucoup de groupes, en tout cas dans les pays anglo-saxon: l'obscurantisme et le mysticisme d'un mouvement qu'ils considèrent manipulateur et déconnecté des réalités du monde, l'hypocrisie d'une religion qui prône la pauvreté et l'humilité depuis un trône d'or et qui prêche la paix dans un empire bâti à grand renfort de croisades, d'inquisitions et d'évangélisations forcées.

Quant aux textes fantastiques appelant à combattre une armée de zombies aux ordres de Dieu, comme dans le cas de Pride, je n'y vois qu'une transposition de cette idée dans un contexte fantasque propre à créer un environnement épique. Y voir un appel au meurtre est complètement absurde: d'une part, c'est mépriser complètement le potentiel intellectuel des fans de métal, d'autre part, c'est mettre de côté son propre esprit critique pour le plaisir de la critique, justement. Si on devait interdire tout texte imaginaire où certains protagonistes souhaitent exterminer un culte ou un autre, on peut dire adieu à la littérature et au cinéma fantastique.

Le cas scandinave

Bon, il y aura forcément quelqu'un pour me sortir Oui, mais en Norvège, les églises brûlées, c'est du flan peut-être? Ce à quoi je voudrais répondre: j'aimerais bien, j'adore le flan. Mais ce n'est pas vraiment le cas.

Comme beaucoup, j'ai longtemps cru que l'origine de ce mouvement tenait réellement du satanisme et que les églises brûlées étaient un hommage à l'antéchrist. Pourtant, il semblerait que je me sois planté. Le très bon et trop méconnu documentaire Until the light takes us (que tout métalleux, et surtout tout black-metalleux devrait voir) m'a apporté un éclairage nouveau sur cette problématique. A travers la vision de certains musiciens des groupes instigateurs de cette mouvance (Darkthrone, Satyricon, Burzum), le documentaire nous éclaire sur le quotidien et les idées de ces personnages.

Une des premières choses qui m'a frappées, c'est que le caractère anti-chrétien de ces groupes n'est pas lié en premier lieu à des idées satanistes. Les motivations de ces personnages sont plus profondes. Leur dégoût pour la religion chrétienne tient davantage (selon leurs dires) à leur attachement pour leur culture ancestrale (les vikings et leur mythologie) qui a été, comme dans de nombreux endroits à travers le monde, éliminée au nom de l'évangélisation et de la salvation des peuples. On apprend aussi que les églises brûlées étaient construites sur d'anciens tumulus vikings. Une sorte de représaille historique en différé, mais aucune notion de satanisme dans tout ça. Cette idée sataniste est en fait arrivée plus tard, quand d'autres groupes et individus ont mal interprété ces geste, et repris cette atmosphère en y ajoutant pentacles, mises en scènes et crucifix renversés - pour faire vendre?

Notez que je ne cherche pas à justifier les actes de ces individus ni à déchiffrer leurs motivations profondes, mais simplement à apporter un peu d'éclairage d'après mes propres connaissances sur cette histoire.

Et puisqu'on en parle, c'est quoi, le satanisme?

Satan

En fait, il y a deux branches principales du satanisme: le satanisme théique, qui vénère Lucifer comme une entité divine, et une autre vision moins mystique théorisée par Anton Szandor Lavey, dit le Pape Noir. Je ne m'attarderai pas sur la première, plus complexe, véritable pendant religieux du Christianisme (sans Dieu, point de Satan, et inversement) dont les racines s'étendent au fond des âges. 

Quant à la version de LaVey... j'ai lu son ouvrage, sa Bible Satanique, qui théorise les principes du satanisme dit moderne. Rarement je n'avais lu quelque chose d'aussi mauvais. Pour être honnête, la première moitié m'a laissé plutôt songeur: la philosophie sataniste de LaVey est profondément individualiste et libertaire. On pourrait résumer sa pensée ainsi: tout homme est libre de faire absolument tout ce qu'il souhaite sans limite morale quelconque, à la condition que tout individu impliqué soit consentant. La liberté s'arrête où commence celle de l'autre, en somme. Il dénigre même les sacrifices animaux et semble avoir une approche plutôt pragmatique qui n'est pas pour me déplaire. Je me retrouve même plutôt dans son idée.

Mais je déchante vite. Au fil des pages, son idéologie se heurte à de nombreux paradoxes. L'approche pragmatique initiale se confronte notamment aux chapitres basés sur la magie énochienne, qui décrit des rituels permettant d'invoquer le mauvais oeil sur quelqu'un dans le but de lui faire du mal, voire pire, impliquant l'utilisation de parties d'animaux. Bref, on tourne en rond et j'ai eu l'impression que ce Pape Noir était prêt à dire tout et son contraire pour rallier tout le monde à sa philosophie qui en fait n'en est pas une.

Pentacles, crucifix et jus de tomate

Tous ces groupes soit-disant satanistes, quelle branche vénèrent-ils donc? Dans l'écrasante majorité des cas, la réponse la plus appropriée est: aucune. L'utilisation des pentacles, du feu et des crucifix permet de lier une certaines idée du rejet de la religion en général (il ne faut pas le nier) à une imagerie spectaculaire. Parce que c'est une des raisons d'être de la musique: le spectacle, le partage, s'éclater et tripper devant une scène qui envoie du paté. Et headbanger devant Behemoth, ou assister à une décapitation d'Alice Cooper, c'est comme regarder un bon film d'épouvante, en 5D et avec des potes. Ni plus ni moins. On est pris par l'image, la musique, on fait les cornes avec ses doigts en sautant en rythme avec 10.000 autres personnes autour et on s'éclate.

Les groupes savent bien ce qui attire et ils en usent et en abusent. Les clous, les pentacles, les crucifix font tellement partie de l'imagerie du metal qui s'ils sont même souvent déconnectés de leur signification. C'est du décorum, pour poser une ambiance, appuyer l'atmosphère des chansons. Mais ni artistes ni fans ne sont vraiment satanistes. Les paroles violentes sont un moyen de provoquer et de faire parler et les fans sont suffisamment intelligents pour faire la part des choses - quand ils prennent la peine de s'intéresser aux paroles. Le metal est une musique qui se veut rebelle, qui use et abuse de stratagèmes pour parler à des fans qui reçoivent exactement ce qu'ils veulent.

La polémique, c'est la principale campagne publicitaire du metal.

A voir: Metal, voyage au coeur de la bête (voir sur Amazon)

A voir: Until the light takes us (voir sur Youtube)

A lire (pour rire): La Bible Satanique de Anton Szandor LaVey (voir sur Amazon)

Pourquoi tant de hyène?18/04/2015

Illumination

Quand j'ai créé le site The Fangs of Hope, peu après ma première campagne, j'étais un jeune activiste qui débarquait dans la protection animale et qui pensait avoir enfin trouvé un grand but dans sa vie. J'avais atteint la connaissance, je m'étais ouvert à des vérités que je m'étais cachées pendant si longtemps et tout un tas d'autres sentiments plus ou moins gratifiants. Et, bien sûr, je souhaitais partager cette illumination soudaine et prêcher la bonne parole avec les masses ignorantes.

Je voulais un site dramatique, plein d'articles prouvant à quel point on avait raison, nous, les défenseurs des animaux. Je voulais immiscer aussi un peu d'espoir au milieu de tous les discours défaitistes et contre-productifs dont on nous bourre le crâne. Bref, je voulais un site sérieux et engagé pour partager mes expériences et mes points de vue.

Quelques temps après, j'ai eu une seconde révélation: être sérieux, c'est important. Mais être tout le temps sérieux, c'est chiant comme la mort, pour l'auteur comme pour les lecteurs. Et surtout, ça ne me correspond pas vraiment. J'ai d'autres passions, d'autres sujets sur lesquels j'ai envie de m'exprimer et à côté desquels je n'ai pas envie de passer.

Le tofu, cette grande passion

La protection animale est une part importante de ma vie, mais elle ne suffit pas à me définir. N'en déplaise à certains qui ne semblent pas vouloir l'admettre ou le montrer, on a beau se battre pour les animaux, on n'en reste pas moins des êtres humains avec une vie sociale et d'autres intérêts que le partage compulsif de photos d'animaux morts ou de recettes sur les différentes manières de cuisiner le tofu. Cela ne fait pas de nous des militants moins respectables pour autant, mais au contraire des êtres humains sociaux et ouverts, donc plus enclins à être écoutés.

Avec The Fangs of Hope, j'avais l'impression de m'enfermer moi-même dans un délire mono-maniaque et l'idée de rédiger des articles basés uniquement sur l'apocalypse spéciste annoncée me collait des angoisses. Il y a des tas d'autres sujets absolument fondamentaux sur lesquels j'ai envie de m'exprimer (la carrosserie de la Batmobile dans le prochain jeu Batman par exemple) mais l'esprit du précédent site ne correspondait pas trop à ce genre de réflexions essentielles.

Les dents de l'amer

Vous me direz que les gens qui veulent des informations sur le végétarisme et les droits des animaux risquent d'en n'avoir rien à carrer, de mes digressions.Et bien je ne pense pas. Pourquoi? Parce que tout est lié. Mes préoccupations vont un peu plus loin que la simple défense des animaux: il s'agit d'éthique d'une manière générale, ce qui inclus les animaux non-humains bien sûr, mais aussi les hommes et la planète. Or, l'éthique et la culture sont étroitement liés. Le jeu vidéo, le cinéma et autres médias font partie de cette culture et sont à la fois le reflet et le creuset de notre manière de penser.

On peut prendre l'exemple de l'image du requin, surexploitée négativement par Hollywood puis reprise dans la culture populaire. La peur n'a cessé d'augmenter et le requin est devenu l'ennemi numéro un utilisé par les créateurs en mal d'inspiration dès qu'il s'agit de créer des séquences sous-marines. Les dents de la mer, Tomb Raider, Assassin's Creed, Far Cry et j'en passe: le requin est là pour vous bouffer, point barre.

Pourtant, le lion représente un danger semblable au requin. Mais viendrait-il à l'idée des gens d'éradiquer le lion? Non, parce que Le Roi Lion. On ne tue pas Simba, bordel de merde. N'avez-vous donc aucun coeur? Par contre, les requins anonymes bouffeur d'hommes, butons-les tous. Leur situation est plus critique que celle du lion, mais les dents de la mer quoi! Certes, tout ceci est un poil caricatural, mais l'idée est là. Je pense y revenir en détail dans un article d'ailleurs.

Les questions d'éthiques ne concernent pas que notre mode de consommation: la culture est un vecteur et un marqueur important de notre éthique et de notre shéma de penser. Parler de culture, de cinéma ou de jeu vidéo n'est donc pas si déconnecté de ces questions. Et puis de toute j'aime ça, alors j'en parlerai même quand ça n'a rien à voir avec la choucroute.

Sauvez la planète, mangez une femme chinoise juive

Parfois (souvent?), les vegans m'emmerdent. Je suis fier d'avoir un mode de vie vegan, mais parfois, qu'est-ce que mes omologues peuvent être cons! Je crois qu'il n'existe pas un seul groupe végé où la majorité des discussions ne tournent pas en disputes aveugles pour déterminer qui a le mode de vie le plus respectueux. Franchement, ils me font bien marrer ces marioles qui crachent sur ceux qui consomment des produits pouvant contenir des traces de en pianotant depuis leur smartphone dont la production a ravagé des écosystèmes, assassiné des hommes et exproprié des peuples. Sans parler de ceux qui se prennent pour des dieux éthiques en citant leur mode de vie vegan parfait et ne voient pas le problème à porter des fringues tâchées du sang d'enfants bengali, à supporter l'extrême-droite ou à maintenir des convictions profondément sexistes.

J'ai envie de pousser une bonne grosse gueulante contre les dérives égocentriques de certains vegans qui, bien planqués derrière leur écran, crachent sur le monde sans se remettent en question un seul instant. Ils donnent une image déplorable de notre mouvement et présentent des incohérences flagrantes sans accepter d'y réfléchir. Je veux donc aussi faire de ce site un petit plaidoyer pour un véganisme global et ouvert, où on se remet en question soi-même avant d'assassiner les autres pour leurs choix de vie, et où l'argumentation passe par le dialogue et l'explication avant l'aggression.

On se détend

Pour résumer, j'ai envie de faire ce blog plus à mon image: plus ouvert que le précédent, avec des articles engagés, d'autres plus léger (voire complètement inutiles), le tout saupoudré d'un peu de cynisme et d'une bonne dose d'autodérision. Je veux y parler de ce que j'aime, de ce qui me tient à coeur, de ce qui me choque ou de ce qui me fait rire, sans me restreindre à un format ou un thème précis, et surtout en gardant un esprit critique vis à vis de mes propres convictions.

Je suis bien sûr toujours ouvert à la critique et à la discussion: si je venais à dire des conneries (ce qui ne manquera pas d'arriver), n'hésitez pas à m'incendier dans les commentaires, je me flagellerai joyeusement avec des nerfs de boeuf pousses de soja. Vous pouvez commenter aussi si vous êtes d'accord d'ailleurs. 

Très bonne lecture à tous, et n'hésitez pas à me faire part de vos premières impressions sur ce nouveau site!

Pour plus d'informations sur la nouvelle ligne éditoriale, lisez le petit A propos!

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