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Du sang sous le sapin12/12/2015

Les fêtes arrivent à grand pas, familles et amis vont se réunir et festoyer gaiement dans la joie et la bonne humeur. Un moment de bonheur et de bien-être universel. Ou presque. Car pour que certains se régalent dans l'opulence, d'autres paient de leur vie le coût de notre bonheur. Si le rouge est la couleur de Noël, il représente sans doute le sang des millions d'animaux torturés pour la satisfaction de nos papilles et sacrifiés au nom de la tradition, pour célébrer l'avènement du fils d'un dieu né pour apporter humilité et miséricorde au monde. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a sacrément foiré son coup.

Tous ensemble... mais pas trop

Je suis conscient qu'une grande majorité de personnes seraient choquées par mes propos. Et pourtant, lorsqu'on a suffisamment ouvert son esprit pour admettre dans toute l'ampleur de sa réalité ce que l'on sait déjà, l'évidence crève les yeux. Célébrer les valeurs festives et altruistes de Noël autour de produits issus de la mort et de la souffrance d'individus sentients a quelque chose d'objectivement malsain, déplacé, obscène. L'emploi de ce mot pourrait paraître exagéré, mais je l'assume entièrement.

Paradoxalement, c'est un discours que j'ai de manière bien plus modérée quand je suis en famille, car je sais que je serai toujours l'exclu idéologique autour de la table. Oh, on respecte ma philosophie, il n'y aucun problème là-dessus et j'en suis très reconnaissant envers mes proches. J'ai droit à mes petits plats personnalisés et je m'en délecte avec plaisir. Cependant, cette attention rentre dans le cadre de l'amour familial mais n'a que peu de considération éthique. Ils le font pour moi, pour ne pas m'exclure physiquement de la tablée. Mais dans l'esprit, je reste en marge et je tente de ne pas trop grimacer face à ce qui apparait pour moi comme une mise en scène macabre. C'est ce qui est finalement terrible pour nous autres dans un monde non-vegan: que ce qui est décrit comme nos choix soit respecté pour nous-même n'est finalement qu'une bien triste consolation, voire un aveu d'échec quand nos proches nous disent parfaitement comprendre notre point de vue tout en se préparant une tartine de foie gras ou d'oeufs de poisson.

Mais il ne s'agit pas de nos choix. Il ne s'agit pas de plaider pour que nous ayons nous un plat qui convienne à notre philosophie. Nous plaidons pour stopper le massacre et l'exploitation des animaux, pas pour nous trouver une petite place tranquille dans la société actuelle. Alors j'aimerais dire à tous ceux qui vont passer Noël ou le réveillon avec une personne végane: ne réfléchissez pas à ce que vous pourriez lui faire à manger à la place de. On s'en balance. Réfléchissez plutôt à pourquoi cette personne a pris cette voie. Ne réfléchissez pas à propos d'elle, de votre relation avec cette personne, réfléchissez à propos de vous-même, de ce que vous consommez et de ce que ça implique.

Reconsidérez la question sous un angle différent. La conséquence sous-jacente au véganisme ne doit pas être une conséquence d'exclusion, mais une idée de rassemblement. Tout le monde peut manger vegan. Que l'on suit juif, musulman, chrétien, végétarien, tout le monde partage la même assiette. Tout le monde en tire les bénéfices, les convives comme les individus dont la vie a été épargnée. N'est-ce pas là le véritable sens de Noël? Le rassemblement, le respect de tous dans ce qu'il y a de plus fondamental et la célébration de la vie?

Si vous en doutez encore, ou si vous pensez que tout ça est exagéré, alors soyez honnête avec vous-même et rafraîchissez-vous la mémoire avec ces quelques liens.

- Le foix gras, côté coulisses

- Les oeufs de caille, un petit plus très cher payé

- Noël en images, pour tout savoir

Sacré Noël

On n'a d'autre justification pour expliquer la présence de ces produits sur la table du réveillon que la tradition et le plaisir personnel qu'ils nous procurent. Les mêmes arguments qui sont, par ailleurs, avancés par les aficionados pour la corrida. Prendre du plaisir en assistant à la mise à mort sanglante d'un taureau ou en goûtant le foie d'un animal torturé par procuration n'a finalement que peu de différence - sinon que le sadisme (descriptif du fait de prendre du plaisir à voir ou infliger la souffrance) n'est pas présent dans la dégustation du foie gras où l'on se cache derrière la distance qui nous sépare de l'acte de cruauté. Dans les deux cas, les gens savent ce qu'implique leur pratique ou leur consommation. Et dans les deux cas, les gens pourraient s'arrêter sans conséquence aucune. Mais dans les deux cas, on refuse de changer et on préfère se mentir en se convainquant d'arguments falacieux (mon foie gras est fait maison et vient d'un élevage bio, par exemple) pour ne pas quitter notre zone de confort.

Il est d'ailleurs tout à fait étonnant de voir des amateurs de foie gras s'offusquer de la corrida ou crier au scandale quant à la chasse baleinière ou les massacres de dauphins. Quelle différence? La souffrance est sans doute plus longue et terrible pour le foie gras. Mais notre propre position et notre aveuglement face à ce qui nous touche directement nous pousse à cacher ce qui est juste devant nous poour condamner ce que font les autres plus loin. Mais nous devons accepter la réalité telle qu'elle est et l'assumer en prenant les décisions qui s'imposent naturellement.

Bouffe et joie de vivre

Au début de mon investissement pour la cause animale, j'avais tendance à dire que le plus important à Noël, c'est l'esprit de fête, le fait de se retrouver et de passer un bon moment ensemble, en faisant passer la nourriture au second plan pour dédramatiser l'absence de foie gras, de dinde aux marrons et autres produits d'origine animale. Aujourd'hui, je changerai un peu mon discours. Certes, l'important reste toujours, je pense, la communion et l'esprit de fête, mais bordel, y a de quoi se remplir la paillasse avec des dizaines de recettes qui déchirent le bide! Alors pourquoi ne pas sortir de nos traditions sanglantes et se tourner vers des repas festifs, chaleureux et synonymes de joie de vivre pour vraiment tout le monde? Les recettes ne manquent pas! En voici quelques-une déjà testées pour se lancer:

- Du bon faux-gras, garanti sans stéatose épathique (testé et approuvé l'an dernier)

- Des oeufs de poisson avec la même texture dégueulasse et la même saveur iodée que les vrais! (testé aussi)

- Un roti de dinde qui déboîte des chaumières (testé et sur-approuvé l'an dernier)

Et beaucoup d'autres sur le blog Antigone XXI ou sur 100% Végétal par exemple. Ou tout simplement en tapant n'importe quelle nom de plat suivi du mot vegan dans google!

Alors cette année, sortons de nos traditions un peu archaïques et agissons!

Avec un repas vegan, il n'y a que des gagnants!

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