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Opération Infinite Patience18/09/2014

Taiji, petit ville côtière de la province de Wakayama au Japon, est un avant-goût de l'enfer. Chaque année de septembre à mars, le syndicat des pêcheurs se lance dans une chasse aux dauphins sans pitié, massacrant et capturant des milliers de petits cétacés de différentes espèces pour  alimenter les delphinariums à travers le monde et les étals des magasins. C'est là-bas que j'ai effectué ma première campagne en tant que volontaire pour Sea Shepherd, et c'est aussi là-bas que je me suis confronté pour la première fois aux horreurs engendrées par la suprématie autoproclamée de l'homme sur le monde et que s'est forgée la conviction qui me guide aujourd'hui dans mes choix de vie. Bienvenue en enfer, bienvenue dans la baie de sang.

La chasse

Chaque matin à l'aube pendant la saison de chasse, une douzaine de bâteau équipés de tubes métaliques attachés au bastingage quittent le petit port de Taiji à la recherche de dauphins. Ils s'éparpillent au large, le long du canal de migration, pour couvrir une large zone et guettent les cétacés. Lorsqu'un groupe est repéré, tous les bâteaux se rejoignent et forment un arc de cercle derrière la famille. En frappant avec un marteau sur les tubes plongés dans l'eau, les pêcheurs créent un véritable mur de son infranchissable pour les dauphins très sensibles à ces stimuli: ils sont ainsi rabattus vers la côte, parfois des heures durant, paniqués, luttant pour tenter d'échapper à cette aggression.

Les dauphins sont ensuite conduits dans une petite crique abritée des regards via un chenal naturel dans les bas-fonds du parc naturel de Taiji, où ils sont emprisonnés à l'aide filets qui ceinturent les issues. C'est alors que commence la capture et le massacres: tueurs et entraineurs arrivent en même temps sur des barques à moteur pour découvrir la "prise". Les entraineurs se jettent à l'eau pour chercher des individus pour la captivité. Lorsqu'un specimen les intéresse, plusieurs plongeurs se jettent sur lui et l'immobilisent sans ménagement, comme une troupe de CRS sur un manifestant. Ils le rapprochent d'une barque où le dauphin est alors entravé dans une civière, puis dirigé vers un enclos de conditionnement en plein milieu du port. Une fois le processus de capture terminé, le reste du groupe est massacré. Pour limiter les effusions de sang dans l'eau et les images horribles qui jouent contre eux, les bouchers sectionnent la colonne vertébrale des dauphins en leur glissant une tige d'acier dans l'évent puis y glissent un bouchon en bois pour éviter que le sang ne teintent la baie. Si les animaux ne meurent pas de cette blessure, ils restent paralysés et agonisent longuement puis meurent noyés pendant leur transfert vers la boucherie ou pis lorsqu'on leur ouvre le ventre pour l'éviscération.

Adultes, jeunes, femelles enceintes sont tous massacrés sans distinctions. Parfois, les dauphins trop jeunes et trop petits sont hissés sur une barque et rejettés au large sans ménagement. Privés de la protection de leur famille et traumatisés par ce à quoi ils ont assisté, ces petits sont condamnés tout autant que le reste de leur groupe.

Le mensonge sous les bâches

Officiellement, les tueurs prétendent agir pour limiter la prolifération des dauphins qui consommeraient tout le poisson et pour nourrir les populations. Ces arguments ne tiennent pas face à la moindre étude, étant entendu que la surpêche et les autres conséquences de l'activité humaine (pollution, prises accessoires) sont responsables du déclin des populations de poisson. De plus, comme tout prédateur, les dauphins participent à la régulation et donc à l'équilibre des écosystèmes marins. Enfin, les dauphins étant au sommet de la chaine alimentaire, ils accumulent tous les polluants assimilés par leurs proies, et les proies de leurs proies. La viande de cétacés est hautement toxique et fortement déconseillée pour la consommation humaine. Peu scrupuleux cependant du bien-être de leurs concitoyens, le syndicat cherche à tordre les esprits des plus jeunes en servant cette viande mortelle dans les cantines scolaires et en vantant les mérites inventés de toute pièce de la chasse, notamment pour contrer la vague de contestation mondiale - y compris au Japon - qui dénonce unaniment cette pratique hypocrite d'un autre âge.

Enfin, la véritable et principale raison derrière cette barbarie, c'est le business et l'argent. Si la viande de dauphin n'est pas si lucrative (d'autant plus que sa consommation reste marginale), le commerce des dauphins captifs est une vraie mine d'or. Un dauphin vivant et conditionné pour la captivité se monnaie plus de 100 000$. C'est là le véritable nerf de la guerre, le filon qui permet de financer les massacres: les spectacles de dauphins financent les tueries, à chaque fois qu'un dauphin saute à travers un cerceau, cent autres agonisent et se noient dans leur sang.

Les gardiens de la baie

Depuis quelques années Sea Shepherd organise la campagne Infinite Patience, dont les gardiens de la baie dénoncent, documentent et luttent contre cette horreur. Le rôle de ces volontaires - notre rôle - est de montrer une présence internationale, symbole de la dénonciation mondiale unanime de cette chasse, de suivre les moindres faits et gestes de tous les individus impliqués dans les massacres et d'exercer une pression constante sur le syndicat des pêcheurs, le gouvernement japonais et toute personne engagée.

Pour que le monde sache, nous devons faire face à ce qu'on souhaiterait ne plus jamais devoir regarder de toute notre vie. Nous devons garder notre objectif tourné vers des dauphins agonisant, suivis dans nos moindre faits et gestes par des policiers qui attendent le moindre geste pour nous tomber sur le râble. Nous sommes là chaque matin lorsque les bâteaux quittent le port, autour de la baie chaque fois qu'un massacre a lieu, dans la ville pour surveiller les transfert de dauphin, devant les enclos pour guetter les actions des entraineurs et assister au désespoir des animaux brisés. Notre simple présence constante est une énorme épine dans le pied de ce business aussi juteux que sanglant: les efforts qu'ils déploient pour cacher ce qu'ils n'assument pas en usant de bâches et grillages, et les sommes colossales qu'ils dépensent  pour nous mettre tous ces policiers sur le dos sont un premier pas. Et le second, il vous concerne: c'est en agitant les consciences et en alimentant un mouvement international d'opposition que nous pouvons espérer l'arrêt de ces massacres.

Renaissance

Longtemps avant ce voyage je me posais déjà certaines questions. J'étais devenu végétarien quelques mois auparavant, je m'intéressais de plus près aux droits des animaux, au militantisme et à l'activisme, mais je ne m'attendais pas à vivre une expérience aussi forte. Pour la première fois de ma vie, j'ai regardé l'horreur droit dans les yeux, j'ai fait face sans l'intermédiaire d'un écran, d'une pétition ou d'un livre à ce contre quoi je voulais me battre. Et surtout, j'ai ressenti au plus profond de moi cet intense sentiment de dégout et de révolte, cette connexion avec ces animaux en train de se faire massacrer à quelques dizaines de mètres, ce qu'on ne peut apréhender sans être sur le terrain. Aucune vidéo, aucun texte ne pourrait retranscrire ce qu'on vit, ce qu'on ressent à Taiji. C'est un sentiment complexe et qui prend probablement une forme différente pour chacun d'entre nous et qu'il faut vivre pour comprendre.

Ma conviction s'est forgée lors de cette première expérience et aujourd'hui encore elle est toujours aussi forte. Je pense qu'une fois qu'on a assisté à un tel massacre, sans le biais de la télévision ou de la photographie, on ne peut plus vraiment prendre les question du végétarisme, de l'écologie et du respect animal à la légère. Imaginer ce que vit un animal torturé est une chose aisée dans la mesure où l'imagination reste partiale. Mais faire face au fait est une toute autre chose. Mes convictions ne sont plus basées sur "j'ai lu que" ou "on m'a dit que" ou "ces études démontrent que". Elles sont basées sur ce que j'ai vu, ressenti et vécu.

A Taiji j'ai côtoyé l'enfer, mais j'en suis ressorti comme un homme nouveau. Mes valeurs ont changé et j'ai enfin trouvé ce que je cherchais depuis toujours, ce qui me faisait défaut et me faisait me sentir incomplet: un vrai but, un vrai sens à mon existence.

Agissez

Cette année la saison de chasse a déjà repris. Après deux semaines sans massacre, les tueurs de Taiji ont repris leurs sinistres activités. Plusieurs familles de dauphins ont déjà été massacrées ce mois-ci et des centaines d'autres y passeront également. Vous aussi, vous pouvez aider les dauphins. Ils ont besoin de vous. Nous avons besoin de vous.

- Rejoignez la campagne! Tout le monde le peut, la seule clé est la motivation (et quelques économies) - Infos ici

- Achetez pour les volontaires du matériel essentiel sur la wishlist Amazon ou faites un don pour la campagne

- Faites passer le mot en nous rejoignant sur Facebook ou en contactant les ambassades du Japon

 

Vous êtes la clé, participez!

Operation Grindstop 201412/07/2014

Après le Japon et l'opération Infinite Patience, ma prochaine campagne avec Sea Shepherd m'emmènera aux îles Féroé, pour l'opération Grindstop 2014. Une fois encore, une histoire de cétacés poussés dans une crique, de massacres et de torture, d'une mer rouge sang. Mais il y a dans cette tuerie quelque chose de bien pire à mon sens que ce que j'ai pu voir au Japon: de la joie morbide, un appétit malsain pour le sang et l'apologie du meurtre. Petite note, afin que vous comprenniez mes motivations et le problème dans les grandes lignes.

Le grind

Le grind, ou Grindadráp en Féringien, c'est un peu comme la corrida chez nous: une fête populaire qui implique de torturer et mettre à mort des animaux pour la simple raison que ça procure du plaisir et des sensations fortes. La différence étant qu'il ne s'agit pas ici de taureaux, mais de cétacés (généralement des globicéphales - ou baleines pilotes - et quelques espèces de dauphins).

Un grind est appelé à chaque fois qu'un groupe de cétacés est aperçu au large des côtes féringiennes. Dès qu'une personne aperçoit des baleines au large, elle lance un appel et l'information se répand rapidement. Les gens accourent sur la plage la plus proche, certains par la terre, tandis que des marins foncent vers les animaux. Les bâteaux se placent derrière le groupe, et effraient les globicéphales pour les pousser vers le rivage, où les attendent une armée d'individus armés de couteaux, piques, crocs et autres instruments de torture. La suite... vous la devinez tous.

Les origines

Trouver de quoi se nourrir quand on vit sur une île isolée, peu fertile et balayée par des vents glacials, ce n'est pas une mince affaire... en tout cas au XVIième siècle. C'est pourquoi cete pratique a été mise en place pour permettre aux féringiens de se nourrir en profitant de la principale source de nourriture disponible: l'océan. De la chasse de subsistance donc, aussi barbare soit-elle. Cependant, aujourd'hui aux XXIème siècle, les îles Féroé, qui touchent d'importantes aides du Danemark et bénéficient de livraisons permanentes pour remplir les étals des magasins, ont un des niveaux de vie les plus élevés de toute l'Europe. Le grind n'est plus motivé par aucun besoin de subsistance, seule une infime partie de la viande de globicéphale est d'ailleurs consommée, la majeure partie est rejetée à la mer dans de grands charniers sous-marins où pourrissent des milliers de carcasses entières. Mais il est toujours pratiqué. Par tradition, par fierté. Pour le plaisir qu'il procure. Parce qu'il est admis que les globicéphales ne passent au large des côtes féringiennes que pour y être exterminés.

Raison 1 - Un massacre gratuit

La première raison pour s'engager contre le grind est plus qu'évidente: il s'agit d'une torture gratuite infligée à des animaux doués de capacités cognitives évoluées (certains scientifiques affirment qu'ils sont plus évolués que nous) et qui ont une conscience aigue de leur existence, de celle de leurs semblables, de leurs liens familiaux et qui, de fait, ressentent ce qu'on qualifie chez nous d'émotions. Terroriser des familles entières de ces êtres pour les coincer dans une baie ou ils seront torturés et égorgés, où les mères seront éventrées pour extraire les foetus de leur utérus, est une pratique qui n'a pas sa place à notre époque.

Raison 2 - Une viande contaminée

Les cétacés sont dans la partie haute de la chaine alimentaire (pour rappel et pour calmer d'éventuelles ardeurs spécistes, l'homme est situé au niveau de l'anchois dans la chaine alimentaire): ils ingurgitent donc tous les polluants absorbés par tous les maillons précédents, qui s'accumulent dans leur organisme, en particulier le mercure dont nos océans regorgent. Le peu de viande consommé suffit à contaminer les individus qui y goûtent et à entrainer des dégénérescence notables notemment chez les enfants et les nouveaux-nés via leur mère, contribuant à un amenuisement général des capacités cognitives et à un accroissement des troubles médicaux sur toute la population concernée.

Raison 3 - L'école de la violence

Le grind est une affaire de famille - que dis-je, un évènement national! Les parents y emmènent leurs enfants, les écoles ferment pour que les bambins puissent participer au massacre. Les enfants pataugent dans une mer littéralement rouge de sang, s'assoient sur les cadavres égorgés des globicéphales, jouent entre les piles d'entrailles encore chaudes. Comment une société responsable peut-elle confronter et habituer des jeunes enfants à un spectacle aussi choquant que le grind? Comment un parent respectable peut-il forcer son enfant à apprécier un spectacle aussi horrible et planter dans son esprit la graine de la violence, l'idée qu'infliger la souffrance et la mort tout en baignant dans le sang peut-être considéré comme normal et justifié? Les enfants sont pour moi autant victimes que les baleines, et doivent tout autant être protégés. De plus, si nous ne faisons rien pour ces enfants, si nous laissons les générations futures, celles qui vont construire notre avenir, grandir avec l'idée que le fait d'infliger la souffrance à un animal sans raison est légitime et que l'homme a tout pouvoir sur la nature, alors nous sommes tous condamnés et toutes nos tentatives pour préserver notre planète et instaurer un climat de paix seront vaines. C'est aussi simple que ça.

Pour les baleines, pour les enfants, pour nous tous

Je ne m'attarderai pas tout de suite sur les arguments plus politiques et économiques, comme le fait que ce grind est indirectement financé par les subventions européennes (et donc par notre argent) via l'argent donné par le Danemark aux Féroés, ou le fait que ce soit contraire aux lois sur la chasse baleinière. J'avoue que ma motivation première est la protection des animaux, et la chute de cette école de la violence. Le grind doit cesser. Tout comme doivent cesser la corrida, le massacre de Taiji, et tout autre crime commis contre notre planète et ses habitants.

Si vous voulez nous soutenir ou avoir plus d'informations sur la campagne, visitez le site officiel http://www.stop-the-grind.com. Et il est toujours possible de postuler pour rejoindre les équipes à terre, comme je l'ai fait! Ça se passe sur cette page.

Pour conclure ce premier article (un bref aperçu du problème) sur le grind, je laisse la parole à Clive Standen, qui joue Rollo dans la série Vikings:

 

Sinistre compagnie16/06/2014

Dès le premier instant où je les ai aperçus, j'ai compris et j'ai su que je les haïssais. Un petit groupe de beaufs ventripotents empestant la vinasse et la bière bon marché, avachis sur les sièges en plastique de l'aéroport de Johannesburg et photographiant avec leur smartphone un de leurs camarade endormi entouré d'une ribambelle de canettes vides, tels des ados attardés à la fin d'une soirée arrosée. Tout de kaki vêtus, casquette camouflage enfoncée sur un crâne à moitié chauve, l'air de se soucier des autres autant que de leur premier étron, arrogants et aveugles face à leur propre déchéance: des chasseurs en route pour un safari.

Mon impression s'est confirmée dans l'avion: j'ai eu l'immense honneur de me retrouver assis au milieu d'eux. Revues de chasse avec trophées et comparatifs des armes, illustrations de servantes noires aux seins nus servant un cocktail à un chasseur blanc sur sa chaise à porteur, explorateur triomphant posant sur la carcasse d'une antilope. Tous les clichés d'un nostalgisme colonialiste répugnant et d'un mépris total pour les hommes comme pour les animaux.

Pendant le vol, entre deux blagues de mauvais goût ponctuées de rire gras, l'une d'elle ma adressé la parole: elle m'a demandé ce que j'allais faire en Namibie. Je lui ai répondu que j'allai travailler pour un association qui recueille et soigne les animaux orphelins ou blessés. Elle m'a dit qu'elle aussi adorait la nature et les animaux et qu'elle allait chasser. Elle m'a demandé si je ne serais pas trop seul, à voyager seul. Je lui ai répondu que je ne serai pas seul: je serai entouré d'animaux, tous vivants et en bonne santé. Elle m'a dit “ha”. Fin de la discussion. Je n'avais aucune envie de poursuivre, de toute façon. La mort fait partie de leur quotidien, elle suinte de leurs vêtements, flotte au dessus d'eux comme un nuage pestilentiel. Ils sont des chasseurs blancs partant en safari en Afrique, comme il y a deux cents ans. Pour eux, les animaux sont fait pour être tués, les noirs pour les servir. C'est connu. C'est ainsi que les choses se passent, en 2014. Restons modernes.

Je ne comprendrai jamais ces gens, qui disent aimer les animaux et prennent du plaisir à les tuer. Ca ne peut pas exister, ce n'est pas possible. Les nazis eux-même ne tenaient pas des propos aussi horribles et vides de sens. Au moins, ils étaient cohérents dans leur horreur. Se pose aussi la question des gouvernement et associations qui, s'ils ne s'en vantent pas toujours ouvertement, encouragent la pratique de la chasse et la considèrent comme une activité durable – l'argent servant à entretenir les parcs et réserves. J'en veux pour preuve le stand de retrait des armes à l'aéroport de Windhoek. Je suppose qu'il en existe dans tous les aéroports, mais celui-ci était bien en vue, juste en face de la sortie de la douane. Immanquable. La toute première chose que l'on voit en entrant en Namibie, c'est un relai où les chasseurs peuvent retirer leurs engins de mort, sous le dessin immense d'une carabine imprimé au mur.

D'un côté, les gouvernements vantent les méritent de leur nature sauvage, d'un autre ils encouragent les chasseurs de trophée à pratiquer leur horrible apostolat – contre finances. La mort est un business, qui permet de gagner de l’argent, pour conserver des animaux. Pour mieux les tuer ? Même quand il est question de conservation, l'homme ne fait preuve d'aucun respect.

Le spécisme à son comble. Conserver pour mieux tuer. On ne tue pas ce qu'on aime. Chasseurs, choisissez votre camp.

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